Derrière ta Porte du 25/03/08

Derrière ta Porte du 25 mars 2008 sur Radio Bandiera Nera. Détails sur le blog de l’émission. (2:01:50)
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Alors que les questions s’accumulent et assombrissent le projet de l’Europe de demain, sans doute est-il nécessaire de retourner aux sources d’une Europe qui n’est pas née d’hier. Cette Europe du passé, de l’histoire, est ce qui fonde le plus sûrement notre identité. C’est par la connaissance et l’amour de ce passé commun que pourra véritablement naître le désir de "faire l’Europe", c’est-à-dire d’y assurer la paix dans l’unité.
A - L’Europe, une réalité
1 - L’héritage de l’Antiquité
La Grèce
S’il faut ne rappeler ici que les éléments principaux d’un héritage immense que nous a légué la Grèce, citons avant tout ce que Paul Valéry appelait "la discipline de l’esprit, l’exemple extraordinaire de la perfection de tous ordres, une méthode de pensée qui tend à rapporter toutes choses à l’Homme, à l’Homme complet". L’Homme se distingue de la nature comme seul être capable d’en comprendre les lois.
Les Grecs sont les inventeurs de la liberté, au sens politique du terme. Même si cette idée ne s’appliquait qu’à l’échelle de la Cité, elle s’affirme comme liberté d’une communauté qui se veut telle et croit en son destin, face aux visées hégémoniques et totalitaires des grands empires voisins de l’époque.
Enfin, citons le principe de l’"eunomie" qui impose au droit de s’appuyer sur la justesse et la justice ; le critère moral est souverain pour déterminer la valeur d’une loi sans être asservi par la règle de la majorité.
Rome
Ce que la Grèce fit pour l’Europe dans l’ordre de la pensée, Rome le fit dans l’ordre des structures. Rome, c’est la naissance du droit, d’un système politique, administratif et judiciaire qui inspirera toutes nos sociétés européennes.
A l’origine de cette civilisation exemplaire, quelques valeurs essentielles : la fameuse "fides", condition d’existence d’un Etat de droit, la "virtus", maîtrise de soi, et la "pietas", respect des rites et de l’ordre du monde. A la source de l’humanisme romain, la famille reconnue comme cellule de base de toute vie sociale et socle du droit romain, le dévouement à la patrie, par l’enchaînement d’une fidélité qui naît dans la communauté de base pour s’élargir à une communauté plus vaste.
Enfin, Rome, dans la perspective d’une union européenne, peut être vue comme un modèle pour son aptitude à intégrer ; l’Empire romain sut faire de ses peuples conquis une véritable communauté parce que, tout en restant fier et sûr de ses propres valeurs, il leur laissait cependant les conditions d’exercice de leur autonomie.
2 - L’héritage chrétien
Saint Pierre et Saint Paul, partis d’Orient, vinrent en Europe porter leur message du Christ ressuscité. Même si les valeurs chrétiennes ont surpris Rome, l’Eglise a réussi a contester les structures romaines dans ce qu’elles avaient de contestables, en préservant ce qu’elles avaient de sain et de fort à la fois.
Plus proche de nous dans l’histoire, il faut citer le rayonnement qu’eut en Occident l’ordre de Saint Benoît. C’est ici que l’on trouve l’émergence de l’un des piliers de la civilisation européenne : le travail. Dans l’Antiquité, le travail était affaire d’esclaves ; il devient, à l’ère chrétienne, ce qui permet à l’homme de s’affirmer comme personne libre, autonome, tout en le reliant à une communauté où son effort au service du bien commun est nécessaire et reconnu.
En parallèle s’est développée, dans les siècles du Haut Moyen-Age, une domestication par l’Eglise de la féodalité avec l’idée d’une protection de l’arbitraire par l’engagement du seigneur envers son vassal. Idéal de foi et de service, mise au pas de la force au bénéfice de plus faible ou de plus digne qu’elle, c’est l’une des caractéristiques essentielles de la féodalité christianisée.
Pour terminer, citons l’incarnation dans l’organisation politique des états européens du principe chrétien de distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel qui avait manqué aux cités antiques.
L’Europe est bien fille d’un même héritage, celui que Jean-Paul II a rappelé aux pèlerins de Compostelle en 1982 : "Encore de nos jours, l’âme de l’Europe demeure unie car, en plus de sa commune origine, elle possède les identiques valeurs chrétiennes et humaines, comme celle de la dignité de la personne humaine, du profond sentiment de justice et de liberté, d’application au travail, d’esprit d’initiative, d’amour de la famille, du respect pour la vie, de tolérance et de désir de coopération et de paix, qui sont les notes qui la caractérisent".
B - L’Europe, une nécessité.
1 - Nécessité d’hier
Les deux siècles qui ont suivi la Réforme et la Révolution ont brisé l’unité de l’Europe ; guerres de religion, guerres révolutionnaires et napoléoniennes, révolution de 1848, guerre de 1870, révolution d’octobre 1917, guerre d’Espagne, 14-18, 39-45.
Au sortir de la première guerre mondiale, avant-dernier avatar de la funeste désunion européenne née de l’effet d’entraînement belliqueux du principe des nationalités, offert comme poison unificateur par la France révolutionnaire à l’Allemagne, émerge un courant qui prône l’union de l’Europe par des solidarités concrètes comme antidote aux tentations de conflits.
Au rang des "pères" de l’Europe, il y a d’abord Jean Monnet, libéral et marchand pour qui les barrières nationales sont anachroniques car elles sont un frein au développement des échanges économiques. Robert Schumann, en France, Alcide de Gaspari en Italie et Konrad Adenauer en Allemagne, tous unis par les mêmes convictions démocrates-chrétiennes, ont un mot d’ordre qui orientera toute leur action : "Plus jamais la guerre". Et même si leur projet est clairement fédéraliste, ce n’est pas par idéologie qu’ils prônent l’union ; par une plus grande coopération au sein d’institutions communes, on donnera aux peuples la possibilité de se connaître, de se comprendre et de vivre en paix.
La seconde finalité de cette Europe d’hier consistait à faire front commun face à la menace du bloc soviétique.
2 - Nécessité d’aujourd’hui
Comme hier, les pays européens veulent l’Europe parce qu’ils se sentent confusément menacés. La menace est extérieure : étouffement progressif de l’économie de la vieille Europe par la concurrence américaine et asiatique, immigration de moins en moins maîtrisée liée à la pression démographique grandissante sur les rivages sud de la Méditerranée, désordres de la liberté nouvelle à l’Est. Elle est surtout intérieure à nos pays ; il s’agit d’une véritable crise de civilisation, l’Europe risque l’autodestruction.
Le signe le plus évident de ce suicide est la crise démographique qui frappe l’Europe de l’Ouest. Elle est la conséquence d’une profonde crise morale : refus de la vie, désintégration de la cellule familiale, système scolaire en faillite, corruption des élites, perte du sens de l’Etat et du Bien Commun. Il faut par ailleurs insister sur l’extension de la mafia et du trafic de drogue, qui rongent nos sociétés en tuant la jeunesse et en pourrissant nos institutions.
En face de toutes ces menaces, le repli ne saurait être une bonne solution et le fait d’être confronté aux mêmes maux doit inciter à s’unir au nom de l’enjeu commun de civilisation. Mais la riposte commune doit laisser chaque pays maître de son destin, responsable de son devenir. Car, comme le dit Marie-Joëlle Guillaume, "la chair, le sang et l’âme ne se délèguent pas ; on ne sauve pas de l’extérieur une nation qui se laisse mourir, ou, pire, qui se suicide !".
Suite : "Quelle Europe ? ... (2/2) : Repenser l’Europe"
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Parlez-vous le patois de Paris ?
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Déjà chez Montesquieu, dans les Lettres persanes, les cafés fréquentés par ses deux Persans en voyage d’étude leur paraissaient un haut lieu de la communication parisienne. Au siècle suivant, c’est le quartier général de la petite presse qui s’épanouit à l’heure de l’absinthe, devenue un rite parisien, car elle est « la résultante logique des échos de Paris et de la chronique » circulant de table en table, en fin d’après-midi. Le rite survivra à la perte de l’héroïsation de Paris et Toulet écrit dans Mon amie Nane : « il y avait près d’une heure déjà que l’odeur répandue de l’absinthe nous présageait le soir. » L’absinthe fut aussi le repos du flâneur, s’il faut en croire Gérard de Nerval : « Je rencontre un flâneur que je n’aurais pas reconnu si je n’eusse été désoeuvré, - et qui, après les premiers mots sur la pluie et le beau temps, se met à ouvrir une discussion touchant un point de philosophie. Au milieu de mes arguments en réplique, je manque l’omnibus de trois heures. – C’était sur le boulevard Montmartre que cela se passait. Le plus simple était d’aller prendre un verre d’absinthe au café Vachette et de dîner ensuite tranquillement chez Désiré et Baurain. » L’usage de fumer, jadis réservé aux estaminets, conquit les cafés dans les années 1850.
Quand Paris était un roman par Brigitte Munier.


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Chronique de Mademoiselle S, de l’émission Derrière ta porte (Radio Bandiera Nera), diffusée en direct le mardi 25 mars 2008.
Donc dans la série c’est pas parce que t’es mort que tu dois te taire, ce soir nous allons lire l’interview réalisée avec Géronimo, le chef de guerre indien.
Bonjour monsieur Geronimo. Est-ce que vous pouvez vous présenter pour nos auditeurs qui ne vous connaissent pas forcément ?
Tout d’abord, ugh à tous, ou comme vous dites par ici, bonsoir. Donc je suis Goyathlay mais je suis plus connu sous le nom de Géronimo. Je suis né en juin 1829 _oui, on sait plus trop quel jour, nous autres les Apaches, on faisait pas trop gaffe aux dates, à l’état civil, il étaient pas trop regardant_ à No - Doyon Canyon. Donc j’ai regardé sur mappy, et en fait, c’est à l'ouest de l'actuel Nouveau Mexique, mais à l’époque, c’était encore territoire Mexicain.
En fait à la base je suis guerrier et médecin de formation mais j’ai fait carrière dans la politique puisque je suis devenu chef de ma tribu en 1846. Mais bon, à l’époque c’était différent puisque bon, moi j’ai combattu dès l’âge de 17 ans contre les colons. J’étais ce que vous appelez aujourd’hui un enfant-soldat.
D’accord monsieur Geronimo, mais qu’est-ce que vous appelez « colon » exactement ?
Ben, écoutez ma p’tite dame, donc nous on était peinard depuis la nuit des temps dans nos plaines, on demandait rien à personne jusqu’à ce que des visages pâles arrivent par chez nous.
Des immigrés en somme…
Oui, c’est ça.
Bien, et donc quelle a été votre réaction à l’époque ?
Ben, à vrai dire à l’époque, on n’a pas trop tiqué. Nous, vous savez, on est des gens paisibles, on est plutôt accueillant. Donc on n’a pas pensé à mal. Je dirai même qu’on les a pas mal reçu dans la mesure où on leur a laissé cultiver nos terres, chasser nos gibier, couper nos arbres etc…je sais bien que c’était pas nos terres, ni nos animaux et encore moins nos arbres, vu que chez nous la philosophie veut que la notion de propriété n’existe pas, chez les apaches, c’est la communauté qui prévaut sur l’individu…
Ah oui, je saisis, on a eu un truc pareil chez nous, mais qui a pas trop marché…
Donc, j’disais, on les a laissé s’installer. Jusqu’à ce que ils deviennent plus imposants et plus exigents, « le bruit, les odeurs », tout ça, enfin vous connaissez le refrain…
Oui oui je connais le refrain
Ils sont arrivés une main devant une main derrière, nous on les a nourris blanchis logé, un mec de chez nous, Ours Le grand (je ne sais pas si vous connaissez…) avait monté une asso « un tipi pour tous » qui leur avait refourgué des tipis meublés clé en main gratos. Ya même *** de « chamanes sans frontière » qui leur avait fourni du camphre et des cataplasmes à base de plantes comme on fait chez nous, pour soigner tout ce beau monde, parce que ils n’étaient pas vraiment arrivés seul, si vous voyez ce que je veux dire, y’avait des clandos parmi eux, du morbac et compagnie…bien cracra…bref, on les a vraiment pas traité comme des coyotes…
Avec les chefs de clan, on avait même créé une commission d’expertise pour enterrer la Halde de guerre pour lutter contre les discriminations et tout, vous voyez…parce que certain de chez nous, des conservateurs, voyaient l’arrivée de ces gens-là d’un assez mauvais œil. Enfin, comme j’dis toujours, une main devant une main derrière c’est une façon de parler parce que j’avais un vieux pote aztèque (ceux des pyramides…) qui m’avait raconté plusieurs années auparavant, lors du sommet des puissances antiques, qu’ils lui avaient fait le même coup, genre j’arrive en cloch’, j’te fais pitié, pis j’me barre avec tout ton or, d’ailleurs ça me fait songer que j’ai plus trop de nouvelles de mon pote, Acama, qu’il s’appelle…
Ah oui, je pense que je vois de qui il s’agit et malheureusement, j’ai pas une bonne nouvelle, je crains qu’il n’ait été…assassiné…désolée.
Ah, mince. Bon en même temps j’m’en doutais un peu, j’vous rappelle si vous ne le savez pas encore que à moi, ils m’ont tué ma mère, ma femme et mes trois gamins donc…j’avais eu des indices sur ce qui avait pu arrivé à mon pote et sur l’hostilité de ces gens-là.
Oui, de l’hostilité en effet, puisque après avoir abusés de votre hospitalité, après vous avoir génocidé, ils vous ont parqué dans des réserves…
Oui, au début, quand ils nous ont sortis le coup des réserves, déjà on a trouvé ça un peu fort de café, on a trouvé que ça sentait un peu le ghetto, puis ce terme de réserve, franchement on s’est demandé à quoi ils nous réservaient. Puis on a pigé.
Maintenant, 100 ans plus tard, on fait des figurines Kinder de ma pipe, mes congénères sont alcolos et au chomdu.
Vous voulez ajouter quelque chose Monsieur Geronimo ?
Puisque vous me laissez la parole, je voudrais dire ceci : " Nous sommes en train de disparaître de la surface de la terre, mais je continue à croire qu'il doit y avoir une bonne raison pour que Dieu nous ait crées. Il a donné vie à toute une variété d'espèces d'hommes. Ainsi pour chaque espèce créée, Il désigna un pays particulier. Lorsque Dieu créa les Apaches, Il leur donna un pays qui se situe à l'ouest. Pour nourriture Il leur remit des graines, des fruits et du gibier. […]Il leur accorda un climat doux et tout ce dont ils avaient besoin pour se vêtir et s'abriter... Cela eut lieu au tout début de la création : car Dieu créa simultanément le peuple Apache et son pays. Et quand viendra le jour où les Apaches seront séparés de leur terre, ils tomberont malades et mourront. Combien de temps s'écoulera-t-il avant que l'on dise qu'il n'y a plus d'Apaches ? "
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Derrière ta Porte du 25/03/08

Derrière ta Porte du 25 mars 2008 sur Radio Bandiera Nera. Détails sur le blog de l’émission. (2:01:50)
00:28 Publié dans PARIS VIVANT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note